En préambule, il convient de comprendre le modèle commercial d’Internet. Dans les années cinquante, Isaac Asimov a écrit un livre mineur et pourtant incroyablement prophétique : il s’agissait de « Face aux feux du soleil ». Sur Solaria, les habitant vivent seuls au sein d’énormes domaines et ne se rencontrent jamais, ayant tout à disposition dans leurs domaines robotisés. Lorsque vient le temps de la reproduction, ils utilisent un système de mise en relation qui n’est pas sans évoquer Tinder.

Sur le très long terme quasiment tout se trouvant au-delà de la porte d’entrée de votre domicile est condamné. Et de toute manière pourquoi voudriez-vous sortir de chez vous pour y croiser des dizaines de millions de SDF ?

Nous n’en sommes pas encore là, et c’est heureux car c’est précisément ce qui va vous permettre de vous enrichir. Prenez votre smartphone –évidemment pas du papier et un stylo- et notez très soigneusement vos activités en dehors de votre foyer, y compris lorsque vous allez travailler… du moins si vous travaillez encore en dehors de chez vous.

Ce principe méthodologique a été utilisé intuitivement par les précurseurs qui sont devenus les géants d’Internet et des pans entiers du commerce traditionnel ont déjà disparu tels que les loueurs de dvd. Socialement, on ne drague plus en boite de nuit. Même le mot « drague » est en voie de disparition. Tinder est bien plus efficace, comme chacun le sait. On pourrait ainsi multiplier les exemples.

J’ai ainsi identifié nombre de secteurs « uberisables », comme disent ceux qui n’y connaissent rien, et vous me pardonnerez volontiers de garder ces idées pour moi. L’une d’entre elles est cependant un secret de polichinelle puisque j’ai commencé à recruter : il s’agit de m’installer au pied des sublimes manufactures de Chiang Mai, en Thaïlande, afin de détruire méticuleusement le commerce du meuble de luxe tel qu’il existe : la fameuse « uberisation » qui en l’occurrence, et à titre exceptionnel, n’est pas un terme inadéquat.

Comme bien souvent, cette idée est le fruit du hasard. Il se trouve que mon épouse est thaïlandaise, nous avons donc cherché sur Internet du mobilier de style thailandais, comme par exemple ces sublimes lits en tek. Et je n’ai rien trouvé. Puis nous avons passé quelques jours à Chiang Mai, la ville natale de ma femme. Or il se trouve qu’il s’agit de la capitale artisanale du pays : le night market à lui seul attire chaque année des millions de touristes. Mais pour trouver notre fameux mobilier, nous avons fait ce qu’aucun touriste ne ferait : nous avons directement visité les manufactures.  Oui, nous avons trouvé ces meubles sublimes du pays de Siam, et également, à ma grande surprise, du mobilier contemporain empreint de style asiatique. Quant aux tarifs, ils n’ont pas manqué de me stupéfier.

Pour tout dire, je n’étais pas le premier à vouloir vendre de tels meubles en occident. Il s’est même trouvé de nombreuses personnes pour essayer : elles ont loué de petites fortunes des show-room en centre-ville et importé un maigre choix de mobilier qu’ils ont tenté de vendre très cher. Il va de soi que lorsque l’on a comme moi créé son premier site web en 1994, on adopte une approche radicalement différente.

 Et voilà pourquoi, cinq ans plus tard j’ai décidé de vendre mon appartement pour m’installer au pied des plus belles manufactures d’Asie : c’est une première différence fondamentale, en comparaison des boutiquiers qui commandaient leurs meubles à des grossistes en espérant que tout se passe bien. Si je vous livre volontiers l’idée de base, je garde pour moi ses déclinaisons, dont certaines sont inattendues, notamment dans le domaine du développement logiciel. Et si l’on veut parler chiffres, 90% de l’achat de mobilier se fait encore de nos jours en magasin : 70% en combinant mobilier et homeware (vaisselle comprise donc) ainsi que la quasi-totalité du mobilier de luxe.

Résumons: à la suite d’un pur hasard – mon épouse aurait pu naitre dans une autre ville, voire un autre pays- j’ai saisi une opportunité, là où des millions d’autres personnes, littéralement, n’ont rien vu du tout ou se sont trompées de modèle commercial. Tout ce qu’il m’a fallu, c’est regarder autour de moi. Avouez que cela ne fait pas de moi un génie, loin s’en faut, et dieu sait pourtant si je ne brille pas par mon humilité. Alors, qu’est ce que vous attendez ? au lieu de chercher LA bonne idée sur Internet, sortez de chez vous et changez le monde !

Oh. Pardon. « disruptez » et « ubérisez ». C’est comme ça qu’on jacte de nos jours. Et c’est mon ultime conseil : ne travaillez jamais avec une personne utilisant le terme « disrupter ». Jamais. Ne l’écoutez même pas,  elle n'a rien dans le crane et ne sait pas de quoi elle parle

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